Professor Bernard's picture

VIP236 – La Chine a fait augmenter la température de la Terre

By Bernard

La température de la Terre a augmenté rapidement à la fin du vingtième siècle et elle s’est stabilisée entre 1998 et 2015. Puis, on a constaté le record de février 2016, jamais dépassé depuis lors. Évidemment, la stabilisation du début du nouveau siècle et la hausse de 2016 ne peut pas être expliquée par l’effet de serre des GES. Seule, la disparition de l’ozone dans la troposphère s’est comportée comme une cause directe de ces variations de la température de la Terre. Cette théorie est très bien expliquée par le professeur Quin-Bin Lu de l’université de Waterloo.

Le graphique présente les anomalies depuis 1979, soit les variations de le température de la Terre à telle date versus la moyenne des années 1990-2020, selon ERA5 de Copernicus.

Oublions la hausse du siècle dernier et la stabilisation du début de notre siècle de la température de la Terre. Considérons plutôt l’expérience provoquée par la production illégale de trichlorofluorométhane (CFC-11) et du dichlorométhane (CH2Cl2) dans la province du Shandong, en Chine, jusqu’en 2018.

Je vous présente trois rapports qui ont analysé cet épisode, avant d’examiner les récents engagements chinois. En conclusion, je vais établir le lien de cette production illégale avec la température récente de la Terre.

Le trichlorofluorométhane
Le CFC-11 a été condamné lors du Protocole de Montréal et sa disparition a été planifiée sur plusieurs années, laissant une période plus longue aux pays en voie de développement, mais les derniers devaient se conformer comme les autres après 2008. L’étude présentée a constaté que la concentration de CFC-11 avait augmenté avant 2010 et qu’elle a ralenti de façon inattendue après 2013, laissant supposer une production illégale. Cependant, l’étude a constaté que les émissions mondiales de CFC-11 ont diminué en 2019 pour atteindre une valeur similaire à la moyenne de 2008-11.

Le graphique suivant montre les fractions molaires moyennes mensuelles mesurées par la NOAA à partir de flacons sur douze sites distants par chromatographie en phase gazeuse avec détection par spectrométrie de masse. Les sites de l'hémisphère sud sont indiqués par les lignes inférieures et les sites de l'hémisphère nord par les lignes supérieures. Les moyennes hémisphériques annuelles sont dérivées des résultats de douze sites individuels. Les lignes pointillées indiquent les projections basées sur les ajustements aux moyennes hémisphériques au cours de la période 2002-2012. L'encart montre les taux de changement annuels globaux dérivés des moyennes mensuelles. Les fines lignes pleines numérotées représentent les projections de scénarios dans les récents rapports d'évaluation scientifique de l'OMM qui ne tenaient pas compte de la production non déclarée de CFC-11 après 2010, avec l’indication de l'année de publication de chaque rapport.

Le graphique de gauche montre les différences hémisphériques au cours des dernières années estimées par la NOAA et le graphique de droite montre les mêmes selon AGAGE, toutes montrant les données mensuelles. Les différences hémisphériques mesurées au cours de la période 2008-12 étaient inférieures à celles mesurées au cours de la période 2014-7. Les résultats de 2018, 2019 et 2020 montrent la transition des différences hémisphériques de plus grandes vers plus petites, notables après la mi-2018. Les changements au cours de ces années sont similaires dans les résultats des deux réseaux de mesure, malgré les différences dans les emplacements et les techniques de mesure. On constate que les différences ont augmenté durant le période 2014-7.

Les graphiques suivants montrent les émissions mondiales de CFC-11, dérivées de l’historique combiné des fractions molaires de la NOAA, à gauche, et AGAGE, à droite, et en tenant compte de la dynamique variant dans le temps estimée à partir du modèle WACCM. Le graphique de droite inclut l'influence de la dynamique variable dans le temps estimée à l'aide du modèle TOMCAT.

On trouve aussi plusieurs estimations des émissions attendues en l'absence de production non déclarée après 2010 provenant
• De l’extrapolation de la baisse des émissions dérivée des observations entre 2002 et 2012 (ligne supérieure);
• Des résultats d'une analyse des banques et des émissions qui intègre des données d'observation et d'inventaire (zone supérieure);
• Des représentations multiples du modèle d'inventaire du TEAP4 (zone inférieure) et
• Une modification du scénario le plus probable du TEAP (ligne pointillée inférieure).

Les observations dans les deux panneaux sont légèrement décalées, car elles ont été dérivées avec les durées de vie moyennes du CFC-11 inhérentes aux modèles 3D : 56 ans pour WACCM et 54 ans pour TOMCAT. L'influence de l'incertitude sur la durée de vie du CFC-11 sur les émissions dérivées des observations a été calculée pour des durées de vie de 50 et 60 ans (ligne pointillée supérieure).

Voici une partie du résumé de l’étude A decline in global CFC-11 emissions during 2018−2019, publiée dana la revue Nature, volume 590, pages 428–432 en 2021. « La concentration atmosphérique de CFC-11 est en baisse depuis que la production de substances appauvrissant la couche d'ozone a été supprimée en vertu du Protocole de Montréal. Depuis 2013, la baisse de la concentration de CFC-11 a ralenti de manière inattendue en raison de l'augmentation des émissions dues à une production non déclarée, qui, si elle se prolongeait, retarderait le rétablissement de la couche d'ozone stratosphérique. Nous rapportons ici une baisse accélérée de la concentration moyenne mondiale de CFC-11 en 2019 et 2020, dérivée de mesures de concentration atmosphérique sur des sites éloignés du monde entier. Nous constatons que les émissions mondiales de CFC-11 ont diminué de 18 ± 6 gigagrammes par an de 2018 à 2019, pour atteindre une valeur en 2019 similaire à celle de 2008−2012 moyenne. La baisse des émissions mondiales suggère une diminution substantielle de la production non déclarée de CFC-11. Si la forte baisse des émissions mondiales inattendues et de la production non déclarée se maintient, tout appauvrissement futur associé de la couche d'ozone sera probablement limité, malgré une augmentation de la banque de CFC-11 (la quantité de CFC-11 produite, mais pas encore émise) de 90 à 725 gigagrammes d'ici le début de 2020. »

Le dichlorométhane en Chine après 2013
La production du dichlorométhane (CH2Cl2) a triplé en Chine après 2011 et a contribué à faire diminuer la couche d’ozone, retardant son rétablissement d’au moins cinq années.

Le graphique de gauche montre les émissions mondiales dérivées de CH2Cl2 en 2011-2019 et les incertitudes (ligne bleue) et les émissions de la Chine et les incertitudes (ligne rouge). Les émissions mondiales selon la NOAA (ligne jaune) et par TOMCAT avec des données provenant de plusieurs sources (ligne noire), sont présentées dans le graphique à des fins de comparaison. Toutes les incertitudes sont l'intervalle de 68 %. Le graphique de droite présente les émissions de la Chine selon cette étude (ligne rouge) avec les séries chronologiques précédentes des périodes 2011-2016 (ligne noire). Une nouvelle analyse pour 2013-2019 (ligne bleue) est estimée à l'aide des données de consommation et de production nouvellement obtenues.

Ces données expliquent que le clore a augmenté dans la troposphère et que l’ozone a été attaquée, faisant diminuer la couche d’ozone et augmenter le trou dans la couche d’ozone à la fin de l’hiver arctique.

Voici une partie du résumé de l’étude Rapid increase in dichloromethane emissions from China inferred through atmospheric observations, publiée dans la revue Nature Communications, volume 12, Article #7279 en 2021. « Avec la mise en œuvre réussie du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, l'abondance atmosphérique de substances appauvrissant la couche d'ozone continue de diminuer lentement et le trou d'ozone de l'Antarctique montre des signes de rétablissement… Ici, nous signalons une augmentation des émissions de la Chine du CH2Cl2 produit industriellement. Les émissions sont passées de 231 Gg/an en 2011 à 628 Gg/an en 2019, avec une augmentation annuelle moyenne de 13% provenant de l'est de la Chine. L'augmentation des émissions de CH2Cl2 de la Chine a la même ampleur que l'augmentation des émissions mondiales de 354 Gg/an au cours de la même période. Si les émissions mondiales de CH2Cl2 restent aux niveaux de 2019, elles pourraient entraîner un retard de la récupération de l'ozone antarctique d'au moins cinq ans par rapport à un scénario sans émissions de CH2Cl2. »

Le CFC-11 en Chine après 2013
Les substances appauvrissant la couche d'ozone ont été condamnées lors du Protocole de Montréal et leur disparition a été planifiée sur plusieurs années, laissant une période plus longue aux pays en voie de développement, mais les derniers devaient se conformer comme les autres après 2008. L’étude présentée prouve que la Chine a produit illégalement des CFC-11 à partir de 2013 dans l'est de la Chine, estimation à partir des stations d’observation de Gosan, en Corée du Sud, et de Hateruma, au Japon.

L’étude constate que les émissions de CFC-11 en Chine sont revenues aux niveaux d'avant 2013 en 2019, diminuant depuis 2014-2017. De plus, dans cette région, les émissions de tétrachlorure de carbone (CCl4) et de dichlorodifluorométhane (CFC-12), potentiellement associées à la production de CFC-11, ont été plus élevées que prévu après 2013, puis ont diminué un à deux ans avant la réduction des émissions de CFC-11. Cela suggère que la production de CFC-11 a eu lieu dans l'est de la Chine après la décision internationale de l'élimination mondiale obligatoire et qu'il y a eu une baisse ultérieure de cette production après 2018.

Voici une partie du résumé de l’étude A decline in emissions of CFC-11 and related chemicals from eastern China, publiée dans la revue Nature, volume 590, pages 433–437, en 2021. « Les émissions de substances appauvrissant la couche d'ozone, y compris le CFC-11, ont diminué depuis le milieu des années 1980 en réponse au Protocole de Montréal. Ces dernières années, une augmentation inattendue des émissions de CFC-11 à partir de 2013 a été signalée, une grande partie de l'augmentation mondiale étant attribuée aux émissions dans l'est de la Chine. Ici, nous utilisons des observations de fraction molaire atmosphérique à haute fréquence de Gosan, en Corée du Sud, et de Hateruma, au Japon, ainsi que des simulations de modèles de transport chimique atmosphérique, pour étudier les émissions régionales de CFC-11 dans l'est de la Chine. Nous constatons que les émissions de CFC-11 sont revenues aux niveaux d'avant 2013 en 2019, diminuant depuis 2014-2017. De plus, nous constatons que dans cette région, les émissions de tétrachlorure de carbone (CCl4) et de dichlorodifluorométhane (CFC-12), potentiellement associées à la production de CFC-11, ont été plus élevées que prévu après 2013, puis ont diminué un à deux ans avant la réduction des émissions de CFC-11. Cela suggère que la production de CFC-11 a eu lieu dans l'est de la Chine après l'élimination mondiale obligatoire et qu'il y a eu une baisse ultérieure de la production en 2017-2018. Nous estimons que la quantité de la banque de CFC-11 (la quantité de CFC-11 produite, mais pas encore émise) dans l'est de la Chine est jusqu'à 112 gigagrammes plus importante en 2019 par rapport aux niveaux d'avant 2013, probablement en raison de la production récente. Néanmoins, il semble que tout retard substantiel dans le rétablissement de la couche d'ozone ait été évité, peut-être grâce à des rapports opportuns et à l'action ultérieure de l'industrie et du gouvernement en Chine. »

La Chine a décidé d’agir
L’article de Phil McKenna intitulé En Chine, gel de la production de super-polluants climatiques, publié le 21 janvier 2022 sur Internet, nous apprend que la Chine a adhéré à l’amendement de Kigali en décembre 2021.

L’amendement de Kigali au Protocole de Montréal
Lors de la vingt-huitième réunion des parties au protocole de Montréal tenue le 15 octobre 2016 à Kigali, les parties sont parvenues à un accord visant à:
• Réduire graduellement la consommation de HFC (importations et exportations);
• Établir un système d’octroi de permis pour l’importation et l’exportation des HFC nouveaux, utilisés, recyclés et régénérés;
• Produire des rapports sur sa consommation de HFC;
• Interdire le commerce des HFC avec les parties qui n’ont pas ratifié l’Amendement avant une certaine date.
Vingt parties devaient le ratifier pour qu’il entre en vigueur le premier janvier 2019, ce qui est le cas depuis le 17 novembre 2017. Le Canada l’avait ratifié dès le 3 novembre 2017. La Chine s’est ajoutée en décembre 2021 et les ÉUA en septembre 2022.

En vertu de cet accord, la Chine est tenue de geler la capacité de production de tous les HFC d'ici 2024, avant de réduire progressivement sa production pour atteindre 20 % des niveaux actuels d'ici 2045. L'amendement de Kigali exige également que la Chine détruise ou élimine d'une autre manière toutes les émissions de HFC-23. Les incinérateurs installés en Chine il y a vingt ans dans le cadre d'un programme climatique de l’ONU, peuvent détruire plus de 99 % des émissions de HFC-23.

Cependant, les entreprises individuelles sont responsables des coûts annuels d'exploitation et de maintenance, et on ne sait pas si les propriétaires d'usines en Chine continuent à faire fonctionner les dispositifs de contrôle de la pollution ou s'ils se contentent de rejeter le HFC-23 dans l'atmosphère. Les usines chimiques chinoises produisent 70 % des HFC du monde et près de la moitié de la production du pays est exportée. La Chine est la source d'une grande partie des émissions comme principal producteur de HCFC-22. Actuellement, la Chine ne dispose pas encore d'un réseau solide de surveillance de l'air pour le HFC-23.

La Chine prévoit de mettre en place un réseau de surveillance des HFC ainsi que des substances appauvrissant la couche d'ozone dans le courant de l'année. Le contrôle des émissions des usines chimiques en Chine, ou ailleurs, peut s'avérer coûteux et nécessite non seulement une surveillance constante, mais aussi des capacités de signalement et d'application efficaces au niveau national et local. La Chine, par exemple, a récemment mené un effort concerté et finalement couronné de succès pour trouver et fermer les usines chimiques qui produisaient illégalement du CFC-11, un puissant gaz qui appauvrit l'ozone atmosphérique. Le gouvernement a agi après que des scientifiques ont détecté, hors de Chine, des concentrations élevées de ce polluant interdit en provenance du pays.

Voici l’adresse Internet de cet article, en anglais:
https://insideclimatenews.org/news/21012022/china-super-pollutant-emissi...<

La conclusion
Le GIEC et les média nous répètent depuis 1989 que l’augmentation de la hausse de la température de la Terre est due à l’effet de serre des GES, dont le dioxyde de carbone. Ce discours est fondé sur des erreurs scientifiques que j’ai dénoncées dans mon récent livre: la vérité sur les changements climatiques. La preuve est que l’augmentation permanente du dioxyde de carbone n’a pas pu provoquer les variations réelles dans la température de la Terre, sauf de 1980 à 1998. Les rapports présentés plus haut proposent une hypothèse différente.

Le premier rapport montre que la présence de CFC dans la stratosphère, laquelle avait augmenté jusqu’en 1998 avant de se stabiliser, a augmenté de 2010 jusqu’en 2018, ce qui explique que la température de la Terre n’a plus baissé après 2010 et qu’elle a augmenté après 2015.
Le second rapport montre que la production du CH2Cl2 a triplé en Chine après 2011, amplifiant le problème provoqué par la production illégale de CFC. La Chine produit du CH2Cl2 pour elle-même et davantage pour l’exportation. Ceci confirme pourquoi la température de la Terre a cessé de baisser vers 2010.

Le troisième rapport montre que la Chine a produit illégalement des CFC-11 à partir de 2008 dans l'est de la Chine, selon une estimation des stations d’observation de Gosan, en Corée du Sud, et de Hateruma, au Japon. Ceci explique pourquoi la température de la Terre a augmenté en 2016.

Le quatrième rapport montre que la Chine a adhéré à l’amendement de Kigali en décembre 2021 et qu’elle mettra en place un réseau de surveillance des substances appauvrissant la couche d'ozone.

Tout ceci montre que les variations dans la couche d’ozone sont parfaitement corrélées avec les variations de la température de la Terre depuis au moins un demi-siècle : la température de la Terre a augmenté quand la couche d’ozone s’est amincie à cause des attaques par les halogènes.

La couche d’ozone La température de la Terre
Les CFC détruisent l’ozone La hausse de 1980 à 1998
Après le Protocole de Montréal, la production de CFC diminue La stabilisation de la température de 1998 à 2015
La Chine produit des CFC  La température maximale en février 2016
La Chine s’assagit La température diminue tranquillement

Ce tableau résume les événements récents montrant que la température de la Terre a très bien suivi l’épaisseur de la couche d’ozone, dont le trou a atteint son plus grand maximum annuel en 2020. Quand le trou a augmenté, la température a augmenté. Pour que la température de la Terre baisse, il faudra que la couche d’ozone se rétablisse et que le trou ne s’ouvre plus jamais. Pour terminer, la seule façon de faire diminuer la température de la Terre et de lutter contre les changements climatiques est de travailler à reconstruire la couche d’ozone. Si la Chine devient un pays qui se conforme au Protocole de Montréal et à ses amendements, il nous restera à perfectionner notre protection locale de l’ozone stratosphérique.

Postface
J’ai été surpris de voir dans la littérature scientifique l’appellation de GES attribuée à certains produits chimiques condamné par le Protocole de Montréal et ses amendements. McKenna cite le gouvernement chinois dont l'actuel plan quinquennal indique pour la première fois que des efforts doivent être déployés pour contrôler « d'autres gaz à effet de serre tels que le méthane, les hydrofluorocarbones et les perfluorocarbures ». Il a écrit dans son article que pour réchauffer l'atmosphère, le HFC-23 est quatorze mille six cents fois supérieur au dioxyde de carbone.

J’aimerais savoir comment les halogènes: brome, chlore et fluor seraient des GES, sans considérer leurs attaques à la couche d’ozone.

PPSS
N’oublions pas que les parties qui ont signé le Protocole de Montréal se réunissent ici, à Montréal, à la fin d’octobre 2022. J’y serai. Vous?

Voici l’adresse du secrétariat sur l’ozone du programme sur l’environnement de l’ONU: https://ozone.unep.org/meetings/thirty-fourth-meeting-parties<

20221004