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L’intelligence émotionnelle selon Salovey & Mayer

By Bernard

Dans leur livre « Emotional Intelligence », Salovey et Mayer sont parmi les premiers à définir l’intelligence émotionnelle.  Ils y ont défini cinq domaines d’habiletés.

  1. La connaissance de ses émotions.  C’est le premier domaine.  Il faut reconnaître ses émotions dès qu’elles surgissent, sinon on dépend d’elles au lieu de les contrôler.  Et si on ne les contrôle pas, ce sont elles qui nous contrôlent.
  2. La gestion de ses émotions.  Cela permet d’établir sa force de caractère.  Sinon, c’est l’anxiété, l’irritabilité et la détresse;  pour récupérer rapidement, il faut savoir bien gérer ses émotions.
  3. La motivation personnelle.  Dans l’atteinte d’un but, le tri des émotions permet de centrer son attention, sa créativité, sa motivation et son contrôle en reportant la gratification et les impulsions naturelles.
  4. La reconnaissance des émotions des autres personnes.  L’empathie est fondamentale.  C’est la base de l’altruisme, qualité requise dans l’enseignement, la vente et la gestion.
  5. L’art des relations.  C’est la gestion des émotions chez les autres.  Cette compétence amène la popularité, le leadership et l’efficacité interpersonnelle.

Daniel Goleman reprend cette définition à son compte dans «Emotional Intelligence», publié pour la première fois en 1995.  Il développe chaque domaine dans un chapitre, discutant tous les aspects de ces qualités fondamentales des humains efficaces.

Il s’appuie sur des découvertes récentes du fonctionnement de la perception sensorielle et surtout, de l’amygdale, sise au centre géographique du cerveau humain, laquelle coordonne la réception de ces perceptions et les réponses que le corps doit fournir à ces stimuli.

C’est Joseph LeDoux, un neuroscientiste attaché au « Center for Neural Science at New York University »,  qui a le premier (1986 et 1992) découvert le rôle crucial de l’amygdale pour les émotions dans le cerveau.  Paul MacLean est un précurseur dans ce domaine.  Ces chercheurs et d’autres déterminent la géographie du cerveau et distinguent comment chaque partie du cerveau a une fonction spécifique, surtout pour ce qui concerne notre sujet, l’intelligence émotionnelle.

Pour eux, l’amygdale est la sentinelle.  Toutes les perceptions passent par elle et elle peut même donner, dans les cas d’urgence, des ordres d’action au corps avant que les autres parties du cerveau n’aient reçu l’information sentie.

Le processus normal de la perception passe par le thalamus, qui la distribue aux différents lobes du cerveau.  Le lien entre le thalamus et l’amygdale est plus rapide;  celle-ci peut donc agir avant que les autres parties du cerveau ne sachent de quoi il s’agit!  Ce système est même indépendant du néocortex, donc inconscient.

L’amygdale est donc le centre de la mémoire émotionnelle.  C’est pourquoi les premières habitudes prises dans la vie d’un jeune bébé demeurent si incrustées si longtemps… même si on en prend conscience seulement cinquante années plus tard!

La réaction normale aux perceptions passe par le lobe préfrontal.  À gauche, les émotions négatives et à droite, les émotions positives.  Et l’amygdale propose et le lobe préfrontal dispose…

20141113