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L'équilibre global

By Bernard

Finalement, comment équilibrer nos comptes nationaux?  Ajoutons la consommation des ménages (voir la figure suivante), dont la grande part du revenu personnel disponible vient grossir la produit intérieur brut, et nous avons un tout cohérent.

En résume, pour produire, il nous faut les dépenses:  dépenses des ménages, dépenses d'investissement et dépenses du gouvernement.  Les dépenses permettent donc la production.

Cette production est transformée en revenu, non sans quelques ponctions par les taxes et impôts du gouvernement et des allocations pour l'investissement, comme l'amortissement, le réinvestissement du profit des compagnies et l'épargne des ménages.

Schéma de l'équilibre global de l'oléoduc<

Le schéma de l'oléoduc complet de l'économie nationale

Finalement, nous voyons que la production égale les dépenses et les revenus.  C'est une identité.

La figure de l'identité de la comptabilité nationale
Production     =     Revenu     =     Dépense


La comptabilité de la production est accomplie dans le cadre du tableau d'intrants-extrants (input-output).  Le première modèle est celui de Quesnay, au XVIIIe siècle.  Au vingtième siècle, c'est Leontief qui a réactivé le modèle et le Québec possède son tableau interindustriel, original, construit par Matuzeski.

La comptabilité des revenus et des dépenses est réalisée en même temps que la première.  Par contre, elle est publiée séparément.

Adam Smith présentait cette question, dès 1776, de la façon suivante:

«Dans le prix du blé, par exemple, une partie paye la rente du propriétaire, une autre paye les salaires ou l'entretien des ouvriers, ainsi que des bêtes de labour et de charroi employées à produire le blé, et la troisième paye le profit du fermier.

«Ces trois parties semblent constituer immédiatement ou en définitive la totalité du prix du blé.  On pourrait peut-être penser qu'il faut y ajouter une quatrième partie, nécessaire pour remplacer le capital du fermier ou pour compenser le dépérissement de ses chevaux de labour et autres instruments d'agriculture.  Mais il faut considérer que le prix de tout instrument de labourage, tel qu'un cheval de charrue, est lui-même formé de ces mêmes trois parties:  la rente de la terre sur laquelle il a été élevé, le travail de ceux qui l'ont nourri et soigné, et les profits d'un fermier qui a fait les avances, tant de cette rente que des salaires de ce travail.  Ainsi, quoique le prix du blé doive payer aussi bien le prix du cheval que son entretien, la totalité du prix de ce blé se résout toujours, soit immédiatement, soit en dernière analyse, dans ces mêmes trois parties, rente, travail et profit.»   (Adam Smith, La Richesse des Nations, Livre I, chapitre IV, page 120)
 

Smith explique clairement qu'une dépense est nécessairement un revenu pour quelqu'un d'autre.  Il ajoute même que les dépenses intermédiaires sont des revenus intermédiaires pour d'autres agents économiques, ce qui est démontré par un tableau moderne interindustriel.

Il ajoute d'ailleurs pour préciser:

«Salaire, profit et rente sont les trois sources primitives de tout revenu, aussi bien que de toute valeur échangeable. Tout autre revenu dérive, en dernière analyse, de l'une ou de l'autre de ces trois sources.

«Quiconque subsiste d'un revenu qui lui appartient en propre, doit tirer ce revenu ou de son travail, ou d'un capital qui est à lui, ou d'une terre qu'il possède.  Le revenu qui procède du travail se nomme salaire.  Celui qu'un personne retire d'un capital qu'elle dirige ou qu'elle emploie, est appelé profit.  Celui qu'en retire un personne qui n'emploie pas elle-même ce capital, mai qui le prête à une autre, se nomme intérêt...

«Le revenu qui procède directement de la terre est appelé rente et appartient au propriétaire.»   (Adam Smith, La Richesse des Nations, Livre I, chapitre IV, page 122)

20111203