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La fausse monnaie

By Bernard

L'histoire de la fausse monnaie est parallèle à l'histoire de la vraie monnaie.

Pour la monnaie métallique, on rognait les bords;  c'est pour cela que les bordures rayées ont été inventées.  On pouvait aussi percer des trous.  Certains rois préparaient des alliages moins dispendieux, généralement moins pesants.

Pour la monnaie de papier, les faux monnayeurs en impriment illégalement, alors que les gouvernements en impriment aussi, mais en trop grande quantité.

Fondamentalement, toute fausse monnaie, ou disons toute mauvaise monnaie, est immédiatement remise sur le marché, alors que la vraie monnaie est thésaurisée.

C'est ce dont se moquait déjà Aristophane, avec une morale politique, dans sa comédie les Grenouilles:

"PARABASE OU CHŒUR. (...) Souvent la ville nous a paru en user à l'égard des citoyens beaux et bons, comme pour la vieille monnaie et la nouvelle. Les premières ne sont pas falsifiées : ce sont les plus belles de toutes les monnaies, à ce qu'il semble, les seules frappées au bon coin et d'un son légal ; et cependant, nulle part, ni chez les Hellènes, ni chez les Barbares, nous n'en faisons usage, préférant ces méchantes pièces de bronze, frappées hier ou avant-hier au plus mauvais coin. Il en est de même pour ceux des citoyens que nous savons bien nés, modérés, hommes justes, beaux et bons, nourris dans les palestres, dans les chœurs, dans la musique, nous les couvrons de boue, tandis que les hommes faits de bronze, étrangers, aux cheveux roux, méchants issus de méchants, nous en usons pour tout derniers venus dont jadis la ville n'eût pas facilement voulu pour victimes expiatoires. Du moins aujourd'hui, insensés, changez de conduite, usez de nouveau de ceux qui sont utiles : si vous réussissez, on vous donnera raison ; et, si vous tombez, ce sera d'une branche respectable ; si vous avez quelque chose à souffrir, vous paraîtrez aux sages avoir honorablement souffert."

Aristophane<

Une affiche moderne pour les Grenouilles d'Aristophane

Oresme l'avait expliqué en détail dès 1371 et les Britanniques en attribuent le mérite à un des leurs, Thomas Gresham (1519 - 1579) avec la Loi de Gresham:

"La bonne monnaie chasse la mauvaise."

Aujourd'hui, ce sont les Chinois qui se demandent quoi faire avec les mauvais dollars US qu'ils possèdent.  Ils en ont trop et personne n'en veut.  Même les agences étatsuniennes, les grenouilles, pensent à décoter leur propre pays!

20150501