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Les entreprises gouvernementales

By Bernard

Depuis les années soixante, au Québec, et les années soixante-dix au Canada, l'État est devenu entrepreneur.  Ce fut une des marques de la révolution tranquille que de transformer l'État québécois en un instrument de contrôle sur l'économie.

Distinguons d'abord entre les entreprises publiques et les entreprises parapubliques.  Les entreprises publiques dépendent directement d'un ministre, comme la Société des Alcool ou la Régie de l'Assurance automobile.  Les entreprises parapubliques sont redevables au gouvernement sans que leurs activités quotidiennes soient dirigées par un ministre, comme Hydro-Québec, la Caisse de Dépôt et Placement ou les cégeps, par exemple.

Les sociétés publiques ou parapubliques sont innombrables.  Elles sont omniprésentes.  Leur chiffre d'affaire augmente d'année en année.  Même le rapport des sages n'a pas pu changer cette orientation.  Il faut savoir que Robert Bourassa a appris à gouverner durant la révolution tranquille et que, en tant que premier ministre, son principal objectif est de développer la Baie James II, ce qui est loin d'être anti-État-entrepreneur!

Le gouvernement fédéral possède une grande quantité d'entreprises, mais une vague de privatisation en a diminué le nombre, dont Pétro-Canada et Air Canada qui ont été récemment vendus.  Un grand nombre de régies contrôlent autant de domaine, comme le C.R.T.C. pour la radio-télédiffusion.

Finalement, les gestes gouvernementaux, comme des décisions sur ses procédures fiscales, peuvent favoriser des transactions financières de toute importance.  Le gouvernement fédéral peut même agir sur les corporations provinciales par ses régies publiques, comme l'Office national sur l'Énergie qui oblige l'Hydro-Québec à se plier à ses exigences pour vendre son électricité aux Étatsuniens

Le gouvernement québécois possède aussi une grande quantité d'entreprises, dont Hydro-Québec et la Caisse de Dépôt et Placement sont les plus connues.  Un grand nombre de régies contrôlent autant de domaine, comme la Régie des marchés agricoles pour l'agriculture.  L'État québécois intervient aussi par ses programmes, comme le Régime d'Épargne action, qui favorise le financement des moyennes entreprises (plus d'un million de capital de risque).  Ses grandes politiques, dans tous les domaines, orientent les choix des entrepreneurs.  Sa décision de ne pas intervenir pourra même orienter des actions.  Tous ses gestes, et l'absence de geste, a une valeur économique.

20150502