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Le magasin général

By Bernard

Avec la société industrielle, les marchés vont commencer à évoluer. Nous trouverons sur le marché tous les biens de consommation pour satisfaire les besoins des travailleurs. Ceux-ci, étant employés pendant dix, douze ou même seize heures par jour, six jours par semaine, n'auront pas le temps de produire les biens de subsistance requis pour leur survie.

Le premier magasin général verra donc le jour dans les villes minières ou manufacturières britanniques. Un de ces magasins, celui de Rochdale, est reconnu dans l'histoire comme ayant été la première coopérative de consommation.

Dans notre société québécoise, nous remarquons une grande présence et une grande importance du magasin général. Le film "Mon Oncle Antoine" se déroule presque entièrement dans un magasin général, dont le propriétaire est même entrepreneur de pompes funèbres.

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Le magasin général de Mon oncle Antoine

Le magasin général évolue donc pendant deux cents ans, offrant tous les biens de consommation qui entrent dans la maison d'un travailleur de l'époque. La liste de ces biens diffère elle-même selon le niveau de vie des travailleurs. Chaque village nous montre encore aujourd'hui son magasin général. Le cas est plus patent dans les villes isolées des régions périphériques ou des zones purement rurales. Le magasin général demeure, malgré son affiche moderne: Provigo, Steinberg, Métro, Axep, Jovi, etc.

On dit que George Huntington Hartford, avec George Gilman, fonda la première chaîne d’épicerie à Elmira, NY, ÉUA, en 1859;  c’était une boutique d’importation de thé qu’il renomma The Great Atlantic & Pacific Tea Company (A&P) en 1869 en honneur du premier train Transcontinental. 

A&P

Une épicerie A&P

Hartford acquit le contrôle de l’entreprise au décès de son partenaire, en 1901.  Peu après, ses deux fils s’impliquèrent dans l’entreprise et le père s’esquiva lentement, laissant ses fils transformer l’entreprise régionale spécialisée en entreprise de premier rang.  Vers 1950, A&P était devenu la plus important épicier du monde;  A&P vendait plus de marchandises que tout autre, excepté General Motors.  Le magazine Time a même écrit en 1950:

"Of every dollar the U.S. spends on food, about 10¢ is passed over A & P counters—a massive yearly total of $2.9 billion. Next to General Motors, the A & P sells more goods than any other company in the world." 

J’ai travaillé dans une telle épicerie à Magog durant mon adolescence, à cette époque!  Comme l’a dit le Wall Street Journal récemment, c’était le Wal-Mart avant Wal-Mart!

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