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Une courte histoire de l'Acadie française

By Bernard

Le premier représentant du roi de France, François Ier, à voir l’Acadie fut Verrazzano, le Toscan, en 1524< qui arrêta de prendre des notes sur la côte du Maine, venant des Carolines.

Ce fut ensuite Jacques Cartier qui en 1534< toucha l’île Saint-Jean et la rive de l’actuel Nouveau-Brunswick jusqu’à la Baie des Chaleurs avant de se rendre à Gaspé, Québec et Montréal.

Les rives de l’Acadie sont fréquentées par des pêcheurs européens au XVIe siècle, période où aucun monopole n’est accordé par le roi de France.

Troilus de Mesgouez fonde une colonie à l'île de Sable en 1598 mais celle-ci est abandonnée en 1603, douze hommes seulement ayant survécu.

Aymar de Chaste obtient le monopole commercial de la Nouvelle-France la même année, mais l’expédition va explorer le fleuve Saint-Laurent en 1603.

En 1603, Pierre Dugua de Mons obtient le monopole pour dix ans à condition d'établir plusieurs colons. Le premier hiver est passé sur l’île Sainte-Croix, mais les problèmes d’un hiver passé sur une île obligent le déménagement vers Port-Royal où les colons passent les trois hivers suivants avec plus de succès. Champlain fait partie de cette expédition.<

Malheureusement, les jeux de la politique autour du roi font perdre le monopole à Dugua qui doit ramener tous ses colons en France en 1607. En 1610, Poutrincourt obtient la seigneurie de Port-Royal sans droit de monopole. Requérant l’aide financière des Jésuites, la jeune colonie se voit divisée pour des raisons religieuses, les Jésuites établissant une nouvelle colonie à l’île des Monts Déserts en territoire Abénakis.
En 1613, Samuel Argall, un Virginien, vient détruire les deux établissements français sans faire suivre d’occupation. Certains colons français demeurent sur place, isolés avec les Micmacs comme voisins.
Pendant ce temps, le roi d’Angleterre et d’Écosse, Jacques, concède sous le nom de Nouvelle-Écosse ce territoire à William Alexander.

Richelieu intervient à ce moment charnière de l’histoire de l’Acadie en créant la Compagnie des Cents Associés en 1627.  En 1631, Charles de la Tour est nommé lieutenant général de l’Acadie et construit deux forts, l’un au Cap Sable et l’autre à Saint-Jean.

Après le départ des Kirke, qui occupent Québec jusqu’en 1632, la colonisation française va reprendre avec environ 300 nouveaux arrivés, mais toujours soumise à la direction de Paris et de Québec. Le nouveau gouverneur est Isaac de Razilly établit sa capitale à La Hève pour mieux gérer le commerce des fourrures, De plus il implante les seigneuries comme mode de tenure des sols, ce qui est un échec, dû aux conditions de l’Acadie : grands espaces sans liens en commun et population libre sans lien avec l’administration.
À sa mort en 1636, la guerre éclate entre ses deux héritiers, Charles de Menou d’Aulnay de Charnizay et Charles de Saint-Étienne de la Tour. D’Aulnay s’installe à Port-Royal et veut favoriser l’agriculture; il fait venir 20 nouvelles familles. À la mort d’Aulnay, en 1650, on estime la population à 40 ou 50 familles acadiennes qui seront les racines définitives de ce peuple.

La guerre civile se transforme entre le même Charles de Saint-Étienne de la Tour et deux nouveaux aspirants: Emmanuel le Borgne et Nicolas Denys. En 1652, Le Borgne va occuper Port-Royal comme créancier d’Aulnay. En 1653, La Tour épouse la veuve d’Aulnay et en 1654, Denys obtient une concession dans le Golfe Saint-Laurent.

Pendant ce temps, personne ne s’occupe de la colonisation de l’Acadie. C’est alors que Robert Sedgwick vient à son tour capturer les forts français, envoyant les Français prisonniers à Londres en 1654. Encore une fois, aucune occupation anglais ne suit cette action militaire. Les Acadiens demeurent sur leurs terres ou sur de nouvelles exploitations plus loin de la côte.

Le Royaume-Uni concède la Nouvelle-Écosse à William Crowne, qui fait peu de chose jusqu’au traité de Breda en 1667. C’est en 1670 que le nouveau gouverneur Hector d’Andigné de Grandfontaine peut venir prendre possession du territoire, amenant quelques familles de Rochefort. Suivront quelques dizaines de célibataires. Environ 400 Acadiens ont résisté depuis des décennies et continuent de résister même au gouverneur français. En 1674, ce sont les Néerlandais qui viennent piller l’Acadie. Devant ces attaques incessantes, on commence à s’éparpiller, d’abord à Beaubassin, puis à Grand’Pré en 1680. Quelques familles nouvelles arrivent avec le gouverneur La Vallière en 1678. À ce moment de leur histoire, les Acadiens sont presque tous parents entre eux ou le deviendront sous peu.

Presqu’absent en Acadie, seulement quelques missionnaires sont présents à partir de 1618. Des Capucins ouvrent la première école à Port-Royal en 1642; une école pour filles est aussi ouvertes, mais les deux ferment à cause de la guerre civile. L’évêque de Québec, monseigneur de Saint-Vallier, fait une visite épiscopale en 1686 et commande la construction d’églises. On voit arriver les premiers curés résidents aux Mines et à Beaubassin.

La Compagnie des Cents Associés est remplacée par la Compagnie des indes occidentales jusqu’au Domaine royal de 1774. L’Acadie est de plus en plus sous la domination de Québec. Mal financés et mal équipés, les gouverneurs déplacent la capitale à leur guise et font même de la contrebande avec les Bostonnais.

C’est ensuite le début des guerres inter-coloniales. William Phips conquiert Port-Royal tôt en 1690 avant d’aller attaquer Québec. L’Acadie est annexée au Massachussetts sans occupation du territoire. Joseph Robineau de Villebon reprend le terrain sans que les Bostonnais n’interviennent. D’autres attaques sont effectuées de part et d’autres jusqu’au traité de Ryswick en 1697

La guerre reprend rapidement et Port-Royal est attaqué en 1704 et 1707. Durant le blocus des Bostonnais, des corsaires des Antilles viennent s’installer à Port-Royal. Le 12 octobre 1710, Port-Royal capitule encore; renommé Annapolis Royal, une garnison l’occupe. Pour la première fois, des Acadiens, maintenant environ 1800, vivent sous la dépendance immédiate de soldats britanniques. Avec le traité d’Utrecht, cette dépendance deviendra permanente.

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