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Mon voyage à Linan

By Bernard

Le dimanche 5 décembre, nous sommes allés en famille, Mélane, Sunny et moi, pour une excursion aux oranges.  À Wenzhou, c’est le temps des oranges, comme on dit chez nous : « c’est le temps des pommes » ou bien, comme l’a écrit Jean-Baptiste Clément : « c’est le temps des cerises ».

Le départ
C’est du moins ce que je pensais; je parle d’aller aux oranges.  En réalité, le programme était conjoint avec une autre famille, celle de Lu Youlong et son épouse, Hang Huaqing.
En fait, on est allé rejoindre un groupe organisé par un garage qui vend des grosses voitures et où notre ami a acheté la sienne.  C’était donc un voyage organisé.

On avait rendez-vous à 7h40 chez notre ami.  C’est sa femme qui est venue, avec leur fils et sa mère.  Et on est parti dans leur belle Honda tous les six.

Les délais
On est arrêté au garage en question :  Desin, en chinois « De Sheng » ou « De Zhong », selon les documents!  C’est là que j’ai su que c’était un voyage organisé.  Et on a attendu… attendu… attendu…

Finalement, vers 9 heure, nous sommes partis en caravane, une dizaine de belles voitures incluant d’autres Honda, des Audi et des BMW.

Le trajet
Durant le trajet, il m’a semblé que personne ne savait où on allait.  Dans la ville, on a dû faire deux « U-turn » et on a perdu la caravane.  Heureusement que les téléphones cellulaires ont été inventés.

Finalement, on a réussi à sortir de la ville de Wenzhou à la queue leu leu.  Sur la grande route, pas une autoroute, la vitesse demeurait à environ 50Km/h à cause du trafic et des mauvaises habitudes de conduites de ces nouveaux conducteurs chinois.  En passant, vous savez qu’il y a dix ans, il n’y avait pas beaucoup de voitures de promenade pour particuliers en Chine;  donc, pas beaucoup de conducteurs ont dix ans d’expérience au volant, alors que j’ai mon permis de conduire depuis plus de 50 ans et que je conduisais un tracteur à cinq ans!

On a dépassé quelques villages et, arrivé près d’un gros réservoir créé par un barrage sur une rivière, on a dû encore une fois faire un retour en arrière (U-turn).  Après le nouveau détour, on a continué le long du même réservoir, mais de l’autre côté, après avoir traversé la rivière en aval du gigantesque barrage.

Le réservoir était à plus de 100 mètre de son plein, laissant voir des rives nues.  J’ai ainsi vu des tombes et d’autres anciennes structures le long des rives dénudées.  J’ai constaté que le sol est stratifié, laissant voir le formation géologique de la région;  mais j’étais en voiture, roulant à 50Km/h dans les lignes droites, diminuant à 20Km/h dans les virages aigus, certains comme des virages de Formule Un.

La Honda continuait de grimper, suivant les méandres de la route. Finalement, nous avons vu un grand nombre de voitures stationnées le long de la route et des vendeur d’oranges qui offraient leurs produits frais.  Mais on a continué.

La montagne
Il y avait une activité dont je n’avais pas entendu parler:  une excursion en montagne.  Arrivé au point de rendez-vous, il a fallu d’abord se trouver un stationnement.  Comme on était parmi les derniers arrivés, les espaces vacants étaient rares.  J’ai même dû stationner moi-même la Honda, parce que notre amie ne se sentait pas à l’aise pour ce faire.

Le groupe s’est regroupé autour du fanion et du guide, avec sa blonde, une belle jeunesse de 19 ans, comme assistante.  Elle a distribué des autocollants pour identifier chacun des membres.  Puis on est parti pour cette excursion.  À ce moment-là, je ne sais pas trop où on allait;  je verrais, comme c’est la coutume par ici!

Près de la route, il y avait une chute magnifique.  Tout près de notre stationnement, il y avait une guérite par laquelle on accède à la montagne.  En file indienne, à pied cette fois, le groupe s’ébranle.  Et on grimpe… grimpe… grimpe… grimpe…

Ça grimpe à près de 45o sur des marches en pierres de taille.  C’est presque un escalier.  Comme c’est sec, pas de danger de glisser, même sur les feuilles.

Après on bon bout, près d’une heure de grimpette, j’appelle Mélane avec mon cellulaire pour savoir si elle sait où on va.  Elle arrive justement pour me dire qu’on va monter au sommet avant de redescendre de l’autre côté de la montagne.  Voilà!  C’est ça!  Pas plus!

Peu après, le leader s’est arrêté et a offert au groupe de relaxer.  Il y avait plusieurs bancs, dont l’un a eu le mérite de recevoir mon derrière.  J’avais fait quelques haltes auparavant, mais de quelques secondes seulement, pour attendre les autres membres du groupe;  j’étais toujours en avant-garde.

Après la photo de groupe, on est reparti.  Et la grimpette a continué.  Cette fois, les marches étaient construites de roches ordinaires;  la montée devenait plus difficile, les roches tant toutes différentes, parfois même rondes.  Il y avait aussi plus de feuilles au sol.  Plus haut, on a traversé un sommet de montagne par un tunnel d’environ au moins cent mètres.  À chaque bout du tunnel, il pleuvait de l’eau de ruissellement.  Dans le tunnel, il y avait quelques lumière pour éclairer le sol mouillé.

Finalement, on est arrivé au sommet.  J’ai dû attendre assez longtemps, parce que Mélane avait trouvé une talle d’aubépines.  Elle en a profité pour se gaver de ces fruits juste mûrs à point.  À la halte suivante, elle en a distribué à tout le monde.

Le village au sommet
On était donc au sommet de cette montagne, occupé par un petit bourg d’un dizaine de maisons.  En haut de la rivière, avant de voir les maisons, j’avais vu une porcherie, dont le purin coulait directement dans ce ruisseau qui descend vers la route:  pollué à la source!

D’ailleurs, l’eau qui coulait dans les rigoles près des champs était aussi polluée, de même que l’étang des canards.  Les Chinois n’ont aucune idée de la protection de leur environnement.  Ce sont des fermiers depuis des millénaires, et de pauvres fermiers ignorants, mais cultivés.

J’ai vu, autour des maisons, quelques parcelles de rizières et des poules.  Je n’ai pas pu voir toute l’étendue de leur culture.

Puis nous sommes redescendus.  La descente s’est faite  plus rapidement que la montée :  moins d’une heure comparativement à deux heures.  Cette fois, j’ai décidé de compter les marches :  2024!  Considérant la faible dénivellation entre chaque marche, j’estime que cette montagne n’a que 200 mètres de dénivellation.

Et nous sommes finalement arrivés à notre point de départ, prêt pour le lunch servi dans cette maison transformée en restaurant récemment si je me fie aux tables et bancs tout neufs.

Le lunch
Ce fut un lunch bienvenu.  L’excursion avait creusé l’estomac.  Et la nourriture était à la hauteur de nos appétits.  Le chef a utilisé des produits locaux, comme les pousses de bambous, ou les poulets du village, élevés dans la nature.

Le lunch a été une occasion, comme d’habitude, pour Mélane de me présenter et de répondre aux questions sur ma personne.   Mais je n’ai pas à m’en préoccuper, parce qu’elle répond sans me demander mon avis!

L’orangeraie
Tout le monde ayant satisfait son appétit, on a repris nos voitures respectives pour revenir vers l’orangeraie, sauf les deux enfants qui ont préféré une voiture plus impressionnante, un gros SUV.  L’orangeraie était évidemment sur le flanc d’un coteau.  Mais quel coteau!  Les collines des Laurentides peuvent aller s’ensevelir sous la neige!

Équipé du sac et d’une paire de ciseaux, j’ai recommencé à grimper vers les orangers.  Et ça grimpe… grimpe… grimpe… grimpe…

À 45o ici aussi, et les marches ne sont pas en pierre de taille, ni même en pierres.  C’est tout simplement un remblai de terre pour retenir l’eau d’irrigation sur les espaces plats et des marches taillées dans la terre arabe pour monter de terrasses en terrasses.  Et le tout est mouillé, glissant, presque gluant.

On est donc monté pour nous rendre aux arbres qui n’avaient pas encore été récoltés.  Et on est monté assez haut.  Là, je me suis trouvé un spot et je rempli mon sac, les ciseaux servant à couper les oranges sur leurs branches.  Ayant rempli mon sac, du moins assez à mon goût, je suis redescendu en apportant un autre sac.

La descente est plus difficile, car en plus du sol glissant, je porte les deux sacs, une dizaines de kilos dans chaque main.  J’ai réussi quand même sans glisser et je me suis retrouvé sur la route.  J’y ai attendu les autres qui s’occupaient de la pesée et des chinoiseries dont je suis toujours libéré.

Quand les oranges ont été mises dans des boîtes et pesées, j’ai pris les deux qui nous appartenaient et je me suis dirigé vers l’auto pour attendre encore une fois.

Le retour
Finalement, tout le monde est assis dans l’auto, même le jeune qui est allé faire un pipi avant la route du retour.

Pour le retour, finie la caravane, mais pas finis les détours!  Notre chauffeur se trompe encore.  Mais on est trois autres adultes dans l’auto qui savons, maintenant, où nous allons.  Et on la remet rapidement sur le bon chemin.  Ensuite, elle nous demande la direction!

Je vérifie l’odomètre :  on a fait 35km!  Mais le trajet du retour, plus rapide que l’aller, a quand même pris plus d’une heure.  En ville, on est arrivé dans le trafic du retour à la maison.  Finalement, notre automobiliste a atteint sa destination vers 16h30.

Il nous restait à prendre un triporteur pour amener nos deux boîtes d’oranges à la maison.  Mélane et Sonny ont pris place sur le triporteur tandis que je revenais lentement et à pied.

Après le retour
Rendue à la maison, Mélane s’est étendue sur le sofa pour un somme.  Quant à moi, après une douche, j’étais prêt de sorte que j’ai préparé le repas du soir pendant qu’elle continuait sa sieste.  Après le souper, je suis sorti, mais j’ai senti les 100 marches des six escaliers plus raides que d’habitude, surtout en sortant à cause de mes genoux, fatigués par cinquante années de surpoids.

J’ai demandé à Mélane quel était le coût de cette excursion :  200Y, soit 100 chacun pour les adultes, rien pour Sunny;  et cela inclut les oranges fraîches, deux boîtes de 10Kg.  Les oranges se vendent ordinairement 2y le kilo à Wenzou.  Pas cher!

20101209