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Mes séjours à Manille, aux Philippines

By Bernard

Cette analyse a été publiée dans la revue de l'Association des retraités et retraitées de la FNEEQ (AREQ), AREQ-info, Volume 10, numéro 1, Printemps 2011.

Je suis actuellement à Manille, aux Philippines. C’est mon troisième séjour depuis janvier. Pour l’hiver, c’est parfait : 30 degrés tous les jours, la piscine, le soleil et des gens sympathiques qui parlent une langue que je comprends, l’anglais avec un accent espagnol.

D’abord, je dois vous dire que je refusais les demandes répétées de mon épouse et de ses amis chinois qui me demandaient depuis un an de venir ici pour y faire des affaires. J’avais deux inquiétudes :

  1. Il est difficile pour un étranger de faire affaires aux Philippines;
  2. Le climat social est dangereux : il y a des gardiens de sécurité armés partout.

Pourquoi j’y suis venu? Je vous l’ai dit dans le premier paragraphe : 30o tous les jours avec le soleil et la piscine en janvier! J’ai pu vérifier que mes raisons sont valables : c’est difficile et dangereux. Par contre, j’ai décidé d’y vivre quand même. Comme je dois me restreindre à quelques lignes pour vous dire pourquoi, je commence.

L’appartement
J’habite un petit condo meublé au onzième étage d’un immeuble de luxe qui en compte 42. En plus de la piscine, je suis comme chez moi pour ma bouffe, mon Internet et le reste, style standard international. Mes amis Chinois paient un loyer mensuel d’environ $500, tout compris (tous mes prix seront en dollars canadiens). Ces condos sont à vendre pour moins de $100,000 comptant.

J’ai le métro à cent mètres, de même que plusieurs centres commerciaux de toutes qualités, du filipino pas cher, style bazar, au standard international. C’est très pollué et le bruit est incessant : je vis en ville pour y faire des affaires. Éventuellement, je migrerai vers la campagne et le plein air.

La sécurité
Le service de l’immeuble, Soho Central, est assuré par des dizaines d’employés, dont plus de 50 agents de sécurité, mais pas de surveillant de piscine.

La sécurité est présente partout à Manille. Chaque succursale bancaire, magasin ou restaurant a son gardien de sécurité. Les centres commerciaux en ont deux à chaque entrée, un côté pour les hommes, l’autre pour les femmes, parce qu’ils fouillent et les sacs et les personnes. Pourtant, c’est un pays non communiste, comme les ÉUA, mais c’est devenu un état policier, comme tous les pays d’occident. En Chine, la sécurité est de beaucoup moins évidente!

Le Grand Manille
La carte du Grand Manille indique 47Km du nord au sud et 24Km de l’est à l’ouest. La partie sud est enclavée entre deux plans d’eau, une immense lagune (le lac Laguna) à l’est et l’océan à l’ouest avec la célèbre baie de Manille. Manille est au centre de cette agglomération et je demeure tout près du centre-ville, dans Mandaluyong. 17 villes et municipalités forment ce Grand Manille sur une superficie de 1128Km2. La population du grand Manille atteint les 20 millions, m’a-t-on dit.

Les transports
Un mot sur les différents modes de transport pour les personnes, à Manille. Les taxis sont comme dans toutes les autres villes. Les autobus urbains comportent cinq bancs confortables, deux d’un côté et trois de l’autre, donc juste pour le gabarit filipino, le tout avec l’air climatisé. Les tarifs sont dans le raisonnable: moins de $0.50 pour une route d’une demi-heure, à l’heure de pointe, environ 7Km.

Mêlé avec les taxis et autobus traditionnels, Manille offre un autre mode de transport original, le plus populaire. On les appelle des Jeepneys. Ce sont des mini autobus de construction locale, comme artisanale, offrant l’air climatisé naturel par les ouvertures, souvent sans porte pour le chauffeur, ni pour le côté passager. Une vingtaine de personnes peuvent s’y entasser sur deux bancs à l’arrière, avec une circulation via le pare-choc arrière. C’est comme un « gros pick-up » surbaissé parce que les roues sont sous les sièges. Et ça boucane, parce que c’est équipé de moteurs surdéveloppés.

Finalement, j’ajoute les trois lignes du métro sans interconnexion directe, comme en Chine. Le tarif est environ le même que pour les gros autobus, le double des Jeepneys. Les sorties, par voies supérieures ou inférieures, sont reliées aux centres commerciaux voisins.

L’économie
Un beau matin, je suis allé faire une marche en direction d’un terrain de golf à moins d’un kilomètre du Soho. C’est le Wack Wack, sur la rue du même nom et entouré d’immeubles à logements sous haute surveillance. D’ailleurs, je n’ai pu entrer nulle part. Private, members only, comme disait Félix. La haute classe philippine profite d’avantages indéniables. Les journaux sont remplis de critiques contre le patronage, le nouveau gouvernement inspirant confiance et donnant des espoirs.

L’économie occidentale, pour ne pas dire américaine, est ici toute présente et toute puissante. Lisez l’histoire des Philippines et vous comprendrez : les Américains les ont délivrés deux fois : d’abord contre l’Espagne, puis contre le Japon.

Partout, on voit les enseignes qui témoignent de cette emprise étrangère : BK, KFC, McDonald, 7Eleven, Walmart, Cartier, Calvin Klein… Les nationaux contrôlent les quotidiens (une dizaine en anglais seulement, sans parler des autres langues), l’essence, à P51 pour l’extra, les banques, le petit marché (avec contrôle de prix) et les boutiques populaires.

La religion
Ici, tout est religion. Je l’ai expérimenté par hasard en tombant dans une procession populaire à l’occasion de la fête du Nazaréen noir. Les processions durent toute la journée et font le tour de toute la ville. Je suis arrivé au plein milieu du party, près de l’église même du Nazaréen noir, dans le quartier Quiapo, au centre de la vieille ville.

Avec mes amis, nous avons dû délaisser notre Jeepney pour marcher sous la pluie dans ces rues boueuses à travers la foule compacte des pèlerins, si je peux dire, d’aucuns tenant seuls une petite statue, d’autres en équipe soutenant une plus grande statue, certaines mesurant plus de deux mètres de hauteur.

À cause de la pluie, les plus importantes statues, et leurs supporteurs, se sont arrêtés sous le viaduc du
métro pour se mettre à l’abri. C’est ce qui avait coupé la circulation des véhicules et qui nous avait obligés
à marcher!

La particularité du rite de ce jour est que les gens présentaient un mouchoir pour essuyer les larmes du Christ pleurant et ces mouchoirs devenaient comme consacrés. Ceci n’avait rien à voir avec la pluie.

Pour tout dire, les Philippins sont des catholiques plus catholiques que le Pape, et c’est peu dire. Ça me rappelle les belles années de ma tendre jeunesse. Ici, les religieuses portent leur costume traditionnel, avec capeline, partout, chez McDonald ou KFC comme dans les rues et les centres commerciaux. Tous les journaux avaient des images de la cérémonie en première page. Je me sens comme au temps de Duplessis
ici!

Le centre Shangri La et mes affaires

Voisin de l’immeuble où je demeure, de l’autre côté du boulevard Shaw, se trouve l’hôtel Shangri La et le centre commercial du même nom, complété par un complexe résidentiel. C’est là que j’ai établi mon bureau, plus précisément au Starbucks. J’y ai rencontré un webmestre, Nathan Pineda, via sa copine Nherissa, qu’il appelle Nhey.

Le gros avantage de Manille sur la Chine est qu’ici, je fais mes affaires en anglais avec des non-Chinois. Par contre, c’est tout près de l’équateur et l’été sera chaud et pluvieux! Et c’est très humide, même en cette saison dite sèche où il pleut presque chaque jour. Qu’est-ce que ce sera durant la saison des pluies et sous les typhons?

Les immeubles

En Chine, le gouvernement a décidé de stopper la hausse des prix des immeubles et il est en train de réussir en mettant en place la taxe foncière, absente jusqu’ici. Donc le marché immobilier est «gelé ben raide».

Aux Philippines, c’est une explosion. Un grand nombre de constructeurs ont en chantier des immeubles de grande qualité, comparables aux normes canadiennes et de beaucoup mieux qu’en Chine. J’ai commencé mes visites et c’est «le fun».

Les prix sont très intéressants et les développeurs offrent un grand nombre de modes de paiement. En tant qu’étranger, je ne peux pas acheter de terrain, donc pas de townhouse, ni de villa; je n’ai pas non plus accès au financement bancaire. J’ai d’abord cherché un condo avec financement par le vendeur. Les prix variaient de $60,000 à $100,000 pour un petit condo meublé de 30m2 environ, qu’ils appellent un studio.

Quant à la qualité de la construction, depuis que je suis ici, je constate que c’est du grand professionnalisme, mais que les normes de sécurité sont déficientes. Par exemple, une rampe de balcon possède des appuis qu’un jeune peut utiliser pour sauter par-dessus! D’ailleurs, tous les projets actuels ont été inspectés récemment par les surveillants du gouvernement et ils ont tous des déficiences à leurs yeux, mineures ont-ils dit. Aux miens aussi. Par contre, c’est de beaucoup supérieur aux conditions prévalant en Chine.

Mon condo
Finalement, je me suis acheté un condo. C’est un petit 30m2 situé dans un quartier populaire, le Hochelaga-Maisonneuve de Manille appelé C-5 du nom de l’autoroute. C’est à 7 Km de l’endroit où je demeure actuellement et à moins de 5 Km du centre des affaires Makati et Ayala, ce qui m’intéresse beaucoup.

L’ensemble a été construit par le gouvernement pour loger des soldats et ensuite des familles déplacées : un peu comme nos HLM. Et, juste retour des choses, je peux en profiter maintenant, moi qui n’ai pas profité tellement de mon travail dans ce secteur à Sherbrooke des années 1972 à 1981.

J’ai dû payer comptant parce que les étrangers ne peuvent pas avoir de financement bancaire aux Philippines. Mon prix est de 600,000 pesos, c’est-à-dire $12,791. Il n’y a pas d’erreur, c’est moins de treize mille dollars! Je compte faire refaire l’électricité en entier, à partir de la boîte; aussi la plomberie, aux trois quarts à refaire, incluant l’eau chaude manquante. Mon budget est de 10,000 pesos, selon mon agente
Ida, main-d’oeuvre incluse. J’en prévois 50,000! Il me restera à meubler.

Mon site ouèbe
Lors de mon second séjour, j’ai revu mon webmestre Nathan et on a travaillé ensemble pour construire mon site ouèbe. Finalement, mon site est opérationnel. Invitez vos amis : c’est gratuit actuellement! En vous inscrivant actuellement gratuitement, je vous promets un abonnement d’un mois après que le site sera devenu payant.

Vous pouvez apprendre tout ce que vous ne savez pas encore sur l’économie, sur l’argent, sur les prix, sur l’or, sur les marchés, sur les entreprises,sur tout. Allez-y tout de suite: http://www.eco99international.com/page/bienvenue-lecole-du-village<.

Pour mes comptes rendus complets sur ma vie en Asie, allez à :
http://www.eco99international.com/book/souvenirs-cf1-ma-vie-en-chine/les...<

J’attends vos commentaires ...

20110618